Thème : Discours Commémoration du 11 novembre (Spécial Centenaire)
Orateur : le maire
Durée (avec personnalisation) : 10 mn

 

Chers concitoyennes, chers concitoyens,

(Rappels chronologiques)

 Cent ans. Il y a cent ans, les Français découvraient, au son du tocsin, sur leurs murs, les affiches annonçant la mobilisation générale du 2 au 18 août 1914. 3 780 000 hommes, en métropole et dans certaines colonies, vont attendre leur tour pour recevoir leur paquetage de soldats et aller combattre.

Très rapidement, le système des alliances entraîne les pays de la Triple-Entente : la France, l’Empire Russe, le Royaume-Uni à s’engager dans la guerre contre la Triple-Alliance : l’empire d’Allemagne, l’empire d’Autriche-Hongrie et l’empire Ottoman. Hormis la Belgique qui se constitue en neutralité armée pour empêcher la France et l’Allemagne de faire de son territoire celui de leur affrontement, chaque pays compte assouvir, grâce à la guerre, ses convoitises propres.

Quatre années pendant lesquelles les pertes humaines vont être considérables.

1914 est marquée par une avancée des Allemands aux abords de Paris. Le général Joffre forme la sixième armée qui est en partie acheminée sur le front par des taxis, les taxis de la Marne. La bataille de la Marne permet aux soldats français de repousser les Allemands sur l’Aisne, la Somme et la Champagne. Des Français ont l’idée d’installer une mitrailleuse sur leur avion, la première attaque aérienne est lancée.

Une guerre de position commence alors en 1915 et fait de très nombreuses victimes sans obtenir de résultats. Les Allemands, enfreignant la convention de La Haye, utilisent les gaz contre l’armée française. Des lance-flammes font également partie de leur arsenal. Cette guerre devient aussi sous-marine.

En février 1916, les Allemands attaquent la place de Verdun. Les affrontements sont terribles sous les tirs d’un million d’obus jusqu’en décembre. Les forts de Douaumont et de Vaux sont perdus puis repris, mais les Allemands ne gagnent pas de terrain et se heurtent à un mur défensif qui fera de Verdun, un symbole de cette guerre pour le sacrifice et le courage de tous ces soldats français, vivant dans des conditions extrêmes. Parallèlement, est menée la bataille de Somme dans laquelle sont engagées quatorze divisions françaises et vingt-six britanniques. Là encore, les pertes sont gigantesques mais les Allemands font barrage.

En 1917, l’Aisne est toujours le lieu des affrontements dans la bataille du Chemin des Dames. Les pertes sont énormes des deux côtés alors que l’échec de cette attaque est, pour les Français, affligeant. Le moral des troupes est touché. Même si les Etats-Unis entrent en guerre en avril, leur rôle ne sera déterminant qu’un an plus tard.

Début 1918, l’Allemagne gagne le front russe et occupe la Pologne, l’Ukraine, la Finlande, les Pays baltes et une partie de la Biélorussie. Les troupes allemandes quittent alors le front est pour rejoindre le front ouest et tenter d’obtenir une victoire rapide avant l’arrivée effective de l’armée américaine. Partout, la ligne de front est maintenue sauf au niveau du Chemin des Dames et Paris se trouve à la portée des tirs des canons allemands à longue portée. Malgré la résistance des soldats français et la stratégie en place, les Allemands gagnent du terrain lors de la seconde bataille de la Marne. Mais la contre-attaque française fait reculer les Allemands vers le nord au risque d’être encerclés.

L’avantage est alors pris par les Alliés. La Picardie est le point d’attaque des Canadiens soutenus par les Australiens, les Français et les Britanniques et font reculer les troupes allemandes. Les soldats américains et français gagnent aussi du terrain lors de l’offensive Meuse-Argonne. En Flandres, les Français et les Britanniques avec les Belges attaquent également la ligne allemande. Les soldats allemands se rendent par milliers. Les soldats et le matériel américains, appuyés par les premiers chars Renault, permettent à la France de prendre l’avantage naval et aérien. Partout, les Alliés gagnent du terrain.

Mais, en Allemagne, Guillaume II refuse d’abdiquer. Les manifestations pour la paix et même les mutineries se font jour. Enfin, l’Empereur finit par abdiquer et l’armistice est signé le 11 novembre 1918 à Rethondes.

 

(Bilan humain, matériel, politique)

Le bilan de ces quatre années de guerre est celui d’un véritable traumatisme.

Les pertes humaines sont considérables, neuf millions de morts. Les séquelles physiques, les séquelles psychiques sont marquantes. La population tout entière est touchée. Les destructions matérielles ont touché la France. Le paysage politico-économique mondial est bouleversé. La société est transformée.

Voltaire a écrit dans Dictionnaire philosophique que « Ce qu'il y a de pis, c'est que la guerre est un fléau inévitable. »

Cette guerre a permis à la France, aux Alliés, au prix de très lourds sacrifices de repousser l’envahisseur. La guerre se termine sur une victoire grâce au courage des soldats dans les tranchées, au combat sur terre, dans le ciel et sur la mer. La guerre se termine grâce aux avancées techniques des armes de guerre. La guerre se termine grâce à la solidarité des colonies. La guerre se termine grâce à l’aide des forces alliées, des Américains. La guerre se termine grâce à l’implication des femmes.

 

(Hommage au courage des soldats)

« La guerre révèle à un peuple ses faiblesses, mais aussi ses vertus. » comme l’a écrit Gustave Le Bon, médecin et sociologue français, dans Hier et Demain en 1918.

Les soldats français, les soldats de nos colonies, les soldats des nations alliées ont montré, au cours de ces quatre années, les plus belles vertus au nom de la liberté, au nom de la nation et c’est pour cette raison que le centenaire qui nous réunit aujourd’hui est aussi vivace. Les années ont passé mais notre reconnaissance, notre admiration sont toujours intactes.

Dans notre commune, les pertes ont été considérables et notre monument aux morts est là pour rappeler aux générations qui passent que, grâce au courage de ces hommes, nous vivons dans un monde libre. (éventuellement citer le nom des soldats morts au combat)

 

(Notre commune s’associe au souvenir)

En cette période du souvenir, notre commune a voulu s’associer à l’implication nationale pour commémorer le centenaire de la première guerre mondiale. Une exposition labellisée par le Centenaire de la Première guerre mondiale est déjà ouverte et suscite l’intérêt de beaucoup de visiteurs venant de toute la région.

Je vous propose, afin d’honorer leur mémoire, de respecter une minute de silence.

  

(Hommage à nos soldats d’aujourd’hui)

Nous ne pouvons rendre hommage au courage des soldats sans parler des soldats français d’aujourd’hui, qui comme ceux d’hier, risquent leur vie au nom de la liberté, au nom de la démocratie dans le monde et sur notre territoire. Des centaines de soldats sont actifs ou prêts à l’être pour notre sécurité. Certains perdent la vie et leur famille est brisée. Pensons aussi à eux.

 

(Conclusion)

Je souhaite que cette période de commémoration soit l’occasion d’échanges :

-       Entre tous les peuples qui ont eu leur part de sacrifices dans cette guerre

-       Entre tous les Français qui rendent hommage à nos ancêtres

-       Entre les habitants de la commune pour qu’on sache combien notre commune a subi de sacrifices

-       Entre les générations pour qu’on n’oublie pas et qu’on assure le meilleur avenir à nos enfants

 

(Minute de silence)